J’ai eu suffisamment de premiers rendez-vous pour savoir qu’un début parfait ne garantit pas une fin heureuse. Pourtant, quand mon amie Mia m’a incitée à rencontrer un collègue de son petit ami, j’ai décidé de tenter le coup. Elle ne tarissait pas d’éloges à son sujet : poli, intelligent, fiable – le genre de « gentleman » qui, en théorie, redonne espoir aux rencontres amoureuses modernes. Convaincue de sa confiance, j’ai dit oui.
Dès le départ, Eric avait tout pour plaire. Il envoyait des SMS avec des phrases complètes, posait des questions pertinentes et proposait de réserver dans un bon restaurant italien du centre-ville. Ça s’annonçait bien, un changement bienvenu par rapport à la culture du « tu es dispo ? » posé à la dernière minute, sans grande conviction. Si vous cherchez à repérer les signaux d’alarme en amour , il n’y en avait aucun pour l’instant. En fait, on avait l’impression d’assister au début d’une belle histoire, et non à une mise en garde contre un comportement arrogant ou une facture de premier rendez-vous exorbitante .
Une première impression soignée
Il est arrivé en avance, un petit bouquet à la main et vêtu d’une chemise impeccable. Il m’a ouvert les portes, m’a tiré la chaise et a complimenté ma robe avec discrétion. Même son cadeau – un porte-clés élégant orné de mon initiale – était une attention délicate, loin d’être ostentatoire.
Notre conversation fut facile. Nous avons parlé de voyages et de travail, des mésaventures cocasses vécues avec des applications, et de la disparition des cinémas à l’ancienne où l’on pouvait aller sans se ruiner. Quand l’addition arriva, j’ai sorti mon portefeuille par réflexe.
Eric me fit signe de la main. « C’est bon », dit-il en glissant sa carte au serveur d’un geste assuré. Un peu démodé, peut-être, mais généreux. Je ne dis rien.






