Mon institutrice m’a recueillie alors que j’étais enceinte et sans abri… Cinq ans plus tard, elle a de nouveau changé ma vie.

Elle écouta sans m’interrompre. Puis elle prononça les mots qui me sauvèrent : « Tu peux rester avec moi. »

Je la fixai du regard, convaincue d’avoir mal entendu.

« Tu as un bel avenir », ajouta-t-elle, d’un ton ferme mais bienveillant. « Ne le gâche pas par peur des autres. »

Vivre avec elle me paraissait irréel. Elle me prêtait la chambre d’amis, préparait les repas, me conduisait à mes rendez-vous, m’aidait à terminer mes études alors que chaque jour était un véritable calvaire. Jamais elle ne m’a fait sentir comme un fardeau.

Quand ma fille est née, je l’ai tenue dans mes bras pendant une heure.

Un seul.

J’ai mémorisé son visage. Ses petits doigts. Le son de sa respiration. Puis j’ai signé les papiers.

La laisser partir a été la chose la plus difficile que j’aie jamais faite. Plus difficile que d’être mis à la porte. Plus difficile que la solitude. Je me répétais que c’était de l’amour, pas de l’abandon, que je choisissais son avenir plutôt que ma propre peur.

Quelques mois plus tard, j’ai été acceptée dans un programme spécial qui permettait aux jeunes mères d’étudier dans une autre ville. Mme Langston m’a serrée dans ses bras à la gare routière et m’a murmuré : « Ce n’est pas la fin. C’est le début. »

À titre indicatif seulement

Cinq ans s’écoulèrent.