J’avais dix-sept ans lorsque ma vie s’est scindée en deux.
Un instant, j’étais une lycéenne terrifiée, en première, debout dans la cuisine de mes parents, les mains tremblantes, leur annonçant ma grossesse. L’instant d’après, j’étais sur le perron, une simple valise à la main, la porte verrouillée derrière moi, les derniers mots de ma mère résonnant encore dans ma tête : « On ne peut pas cautionner ça. »
J’ai dormi trois nuits sur le canapé d’un ami. Je mangeais à peine. Je parlais à peine. La honte m’écrasait comme un poids insupportable.
Le quatrième jour, ma professeure d’anglais, Mme Langston, m’a demandé de rester après le cours. Elle avait cette voix calme, de celles qui ne vous pressent jamais, même quand le monde est en flammes.
« Tu n’es pas toi-même », dit-elle doucement. « Dis-moi ce qui se passe. »
J’ai craqué.
Je lui ai tout raconté. La grossesse. La dispute. La porte qui s’est refermée derrière moi.






