L’infirmière qui a illuminé mes nuits les plus sombres

L’infirmière qui a illuminé mes nuits les plus sombres

J’ai failli perdre la vie le jour de la naissance de mon fils.

Pendant dix longs jours, nous sommes restées toutes les deux à l’hôpital. Mon bébé, fragile et luttant pour sa vie, était en soins intensifs, tandis que je squattais une petite chambre au bout du couloir, bien plus souvent éveillée que endormie. J’étais complètement seule. Aucun membre de ma famille à mon chevet. Aucune voix familière. Juste le bourdonnement incessant des machines, le tic-tac de l’horloge et cette peur qui s’insinuait avec le plus d’intensité après minuit.

C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à venir.

Chaque soir, discrètement, une infirmière entrait dans ma chambre. Elle ne se pressait jamais. Elle ne me donnait jamais l’impression de la déranger. Elle s’asseyait à mon chevet et me donnait des nouvelles de mon bébé : ce que les médecins avaient dit, comment il respirait, s’il avait ouvert les yeux. Parfois, c’étaient de bonnes nouvelles, parfois non. Mais elle terminait toujours par le même doux sourire, celui qui vous faisait croire que demain était encore possible.

J’ai gardé ce sourire plus longtemps que je ne le pensais.

Deux ans plus tard, un soir comme les autres, j’ai allumé la télévision pour regarder le journal de 22 heures. À moitié distraite, à moitié fatiguée. Soudain, j’ai eu le souffle coupé.

La voilà.

La même femme. Le même regard calme. La même douce chaleur qui m’avait soutenue pendant les jours les plus terrifiants de ma vie.

Le reportage n’avait rien de dramatique. Pas de scandale. Pas de tragédie. C’était un portrait de héros locaux, des personnes qui, discrètement, faisaient bien plus que ce que leur travail exigeait. La journaliste l’a présentée comme la coordinatrice d’un programme de bénévolat offrant un soutien de nuit aux parents de nouveau-nés en soins intensifs. Elle a expliqué, d’une voix douce, qu’aucun père ni aucune mère ne devrait jamais se sentir seul dans une chambre d’hôpital lorsque la peur l’emporte sur l’espoir.

Entendre à nouveau sa voix, c’était comme ouvrir une porte que je ne savais pas avoir laissée fermée.