Je n’ai pas été calme. Pas du tout. Quand on est un jeune père épuisé, avec un nourrisson de six semaines qui hurle depuis des heures, qu’on n’a presque pas dormi depuis des semaines, et qu’un homme immense, tatoué, vêtu d’un gilet de motard, prend soudain votre bébé dans ses bras… la peur prend le dessus. Cette nuit-là, aux urgences, mes préjugés ont failli me faire passer à côté de l’une des plus belles rencontres de ma vie.
Une nuit d’angoisse aux urgences

Je m’appelle Lucas. J’ai 32 ans. Ma femme Camille et moi venions de devenir parents d’une petite fille, Léa. Elle était parfaite… mais inconsolable. Des coliques sévères, jour et nuit. Nous étions à bout.
Un soir, sa fièvre a grimpé brutalement. Direction les urgences.
Il était près de 23 heures. La salle d’attente était bondée. Léa pleurait si fort que tout le monde nous dévisageait. Une femme nous a même lancé :
— Vous ne pouvez pas faire taire ce bébé ?
Camille s’est effondrée en larmes. Moi, je bouillonnais intérieurement.
Trois heures d’attente. Trois heures de cris. Mes bras tremblaient. Mon esprit était à bout.






