L’hôtel Belmont Reforma avait toujours été le genre d’endroit dont on parlait à voix basse. Un hôtel où les sols en marbre poli semblaient vibrer d’une importance discrète et où les lustres diffusaient une lueur dorée sur les voyageurs qui aimaient à croire que l’argent était la solution à tout.
Tomás Briones franchit les portes vitrées comme s’il appartenait à ce monde. À 38 ans, il se comportait comme un homme persuadé que l’univers était de son côté : costume élégant, sourire mesuré, l’air de quelqu’un qui n’avait jamais connu de difficultés qu’il ne puisse surmonter par la parole.
La jeune femme à ses côtés s’accrochait à son bras, manifestant une excitation soigneusement contenue.
« Cet endroit est incroyable », souffla Nadia en lissant sa robe bordeaux. « Je l’avais vu en ligne, mais être ici, c’est irréel. »
Tomás lui adressa un sourire fier.
« Je vous l’avais dit », dit-il en relevant le menton. « Uniquement les meilleurs. »
La réceptionniste les accueillit avec une expression d’une perfection impeccable. Son blazer était parfaitement ajusté, sa coiffure irréprochable, et son ton chaleureux laissait deviner que l’hôtel exigeait l’excellence de chaque employé.






